Amiante à Saint-Malo : un logement d'avant-guerre sur cinq est une passoire

Remparts et façades de Saint-Malo

En bref

Le diagnostic amiante vise les permis antérieurs au 1er juillet 1997. À Saint-Malo, 12 616 des 17 744 logements diagnostiqués datent d'avant 1989, soit 71,1 %.

Le bâti antérieur à 1948 y affiche 20,0 % de passoires.

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Une obligation large, un problème concentré

Le constat amiante dépend d'une date : permis antérieur au 1er juillet 1997. À Saint-Malo, 12 616 des 17 744 diagnostics sont concernés, soit 71,1 % du parc.

Mais l'obligation est bien plus large que le problème énergétique, qui se concentre sur un segment précis.

Le bâti antérieur à 1948, 3 322 diagnostics, affiche 20,0 % de passoires et 25,7 % de classes E : près d'un logement sur deux se situe sous la classe D, et seulement 0,8 % atteint les classes A ou B.

La ventilation par génération

La ventilation par génération montre où se concentre le parc concerné.

En tête, la génération 1948-1974 rassemble 6 051 diagnostics, avec 7,5 % de passoires et 1,0 % de classes A ou B. le bâti antérieur à 1948 rassemble 3 322 diagnostics, avec 20,0 % de passoires et 0,8 % de classes A ou B. Celle de 1983-1988 rassemble 1 636 diagnostics, avec 0,3 % de passoires et 6,4 % de classes A ou B. Celle de 1978-1982 rassemble 832 diagnostics, avec 1,2 % de passoires et 6,0 % de classes A ou B. la tranche 1975-1977 rassemble 775 diagnostics, avec 1,9 % de passoires et 0,4 % de classes A ou B.

Reste la tranche 1989-2000 et ses 2 006 diagnostics, à cheval sur le seuil du 1er juillet 1997. Aucune statistique ne la départage : le permis de construire, si.

Le reste du parc ancien s'en sort bien mieux

La chute est nette dès la génération suivante. Les 6 051 logements de 1948-1974, presque deux fois plus nombreux, tombent à 7,5 % de passoires.

Et les tranches ultérieures continuent : 1,9 % pour 1975-1977, 1,2 % pour 1978-1982, 0,3 % pour les 1 636 logements de 1983-1988, qui atteignent même 6,4 % de classes A ou B.

Toutes ces générations relèvent pourtant du même repérage amiante. Un logement malouin de 1985 doit son constat exactement comme une maison intra-muros du XVIIIe siècle, sans partager sa difficulté énergétique.

Ce que le diagnostiqueur recherche

Il ne s'agit pas de détecter une matière à l'œil nu : l'amiante était incorporée à des produits manufacturés, appréciés pour leur tenue au feu et leur pouvoir isolant.

Les supports classiques sont les revêtements de sol souples et leurs colles, le fibrociment (conduits, plaques de couverture, descentes d'eau), les calorifugeages de réseaux et certaines colles.

L'enjeu du diagnostic est double : localiser ces matériaux et documenter leur état, car c'est leur altération, ou leur dépose lors de travaux, qui crée le risque.

Le cas particulier du bâti de granit

Le tissu ancien malouin, en granit et fortement exposé au vent marin, présente des contraintes propres.

L'isolation par l'extérieur y est rarement envisageable : les façades relèvent souvent de prescriptions patrimoniales. Restent la toiture, les menuiseries et l'isolation intérieure : des postes qui, tous, peuvent mettre en jeu des matériaux relevant du repérage amiante.

D'où l'intérêt d'établir le constat avant de chiffrer un programme de travaux : sur ce bâti, les surprises se paient cher et retardent une vente.

Validité du constat et place dans le dossier

Aucun matériau repéré : le constat n'a pas de date de péremption. Matériau repéré : un suivi de son état de conservation est prévu, à intervalles définis par son classement.

Le constat s'intègre au pack de diagnostics de vente et se réalise dans la même visite que le DPE, ce qui évite un second déplacement. Les tarifs varient d'un opérateur à l'autre pour une prestation identique.

Ces règles évoluent et se vérifient à date auprès d'un professionnel certifié.

Ce que nous conseillons avant de vendre

À Saint-Malo, le repérage amiante concerne sept logements sur dix, mais c'est la date d'avant 1949 qui signale un dossier réellement lourd.

Le bon réflexe est de faire établir le repérage avant de planifier des travaux, et non après : une rénovation énergétique touche précisément aux matériaux susceptibles d'en contenir (sols, conduits, calorifugeages).

Vérifiez aussi l'année exacte : antérieure à 1949, elle déclenche le constat plomb. Le reste suit le dossier de vente, avec l'état des risques à vérifier par adresse.

Questions fréquentes

Quel bâti malouin est le plus exposé ?

Celui antérieur à 1948 : 20,0 % de passoires et 25,7 % de classes E sur 3 322 diagnostics, contre 7,5 % pour la génération 1948-1974, pourtant deux fois plus nombreuse.

Un logement des années 1980 est-il concerné ?

Oui s'il a été autorisé avant le 1er juillet 1997. Les 1 636 logements malouins de 1983-1988 relèvent du repérage tout en n'affichant que 0,3 % de passoires.

Peut-on isoler par l'extérieur intra-muros ?

Rarement : les façades de granit relèvent souvent de prescriptions patrimoniales. La toiture, les menuiseries et l'isolation intérieure prennent le relais, et ces postes peuvent mettre en jeu des matériaux amiantés.

Quelle part du parc est concernée ?

12 616 logements sur 17 744 diagnostics datent d'avant 1989, soit 71,1 %, auxquels s'ajoute une partie des 2 006 logements de la tranche 1989-2000.

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